L’entreprise Les
confections Lamartine inc. est quasiment le neuvième
rejeton de Marguerite Chamberland et d’Antonio
Gagné. Fondée en 1969 dans la demeure
familiale de Saint-Eugène, la compagnie a, au
départ, une allure presque artisanale.
1969
Madame Chamberland acquiert de l’expérience
dans le domaine en travaillant pour un entrepreneur
de Montmagny. Après un an de ce régime
peu pratique, considérant les valeurs familiales
et les difficultés liées aux déplacements,
surgit l’idée de travailler à son
compte à la maison. Monsieur Gagné, alors à l’emploi
d’une compagnie de textile, propose à son épouse
de coudre directement à la maison. Ainsi est-il
décidé. Le soir, après le retour
de monsieur Gagné et le coucher des enfants,
la cuisine se métamorphose en petite usine.
Le couple utilise les comptoirs et la table pour étendre
le tissu et tailler les pièces des patrons que
madame Chamberland a préalablement dessinés.
Le lendemain, il ne reste qu’à coudre
le tout grâce à deux machines louées.
La première année, la confection est dédiée à la
production de monopièces quasi sur mesure,
selon la demande. La distribution est assurée
par monsieur Gagné qui établit quelques
contacts dans le milieu, tant et si bien qu’il
obtient un contrat, pour l’année suivante,
de 3 000 habits à la suite d’une heureuse
rencontre avec un représentant de l’Islet.
1970
Dès la deuxième année, il faut
réorganiser la structure afin de rencontrer les
obligations. On trouve un local, on loue neuf moulins à coudre
supplémentaires et on embauche quelques travailleuses
du village. Malgré les conditions difficiles,
le contrat est terminé en cinq mois et la production
générale va bon train. Cependant, il est
impensable d’envisager un autre hiver dans cet
endroit où il fait tellement froid que l’eau
gèle dans les tuyaux et où les femmes ont
envie de coudre avec des mitaines.
1971
L’année 1971 marque le lancement des activités
de type industriel avec l’achat d’une maison.
On transforme l’habitation en usine. La famille
et quelques amis s’investissent énergiquement
dans le projet. L’état pitoyable des lieux
d’origine est encore source de plaisanteries chez
ceux qui l’on connu… Malgré tout,
le « 292 Chemin Lamartine » est bientôt
prêt à recevoir de nouveaux employés,
concevoir de nouveaux vêtements et remplir de nouveaux
contrats. Cependant, cela ne durera pas. Il faut encore
déménager : l’endroit ne correspond
plus aux besoins croissants de l’entreprise, mais
surtout aux normes de sécurité. Pour citer
le propriétaire : « Il faut faire les
bouquets avec les fleurs que l’on a ».
1975
En 1975, l’entreprise acquiert le théâtre-cinéma
Sombrero de L’Islet-sur-Mer. De gros travaux de
réfection sont nécessaires, une rallonge
est construite, et l’usine prend tranquillement
son envol, cette fois dans un milieu adéquat. Les
confections Lamartine devient alors plus autonome
et délaisse peu à peu la sous-traitance
afin de se consacrer à ses propres produits, principalement
des habits pour motoneigistes. La réponse des
clients est excellente et l’entreprise cherche
de nouveaux défis. Au cours des années
80, une nouvelle gamme de produits voit le jour. Les
confections Lamartine lance sur le marché ses
vêtements de travail, un créneau qui n’a
cessé de progresser et d’évoluer
depuis.
1991
Les années 90 sont sources de grands changements.
En 1991, le fils de monsieur Gagné prend officiellement
la relève de l’entreprise.
Il a toujours baigné dans ce milieu et décide enfin de faire le
grand saut. Antonio demeure encore le président, mais Serge en devient
vice-président et directeur général.
1994
En 1994, l’usine effectue son quatrième
déménagement,
toujours à la recherche d’espaces. Un nouvel édifice est
acheté à quelques kilomètres de l’ancienne usine.
Au cours de cette décennie, l’entreprise développe aussi
le marché de la moto, d’abord en sous-traitance pour une grosse
compagnie américaine, puis à son propre compte.
2000-
Finalement les années 2000 : une nouvelle
gamme de vêtements pour la chasse est lancée.
Sous la marque Ravage, la collection donne un
nouveau souffle à l’entreprise qui doit
constamment innover pour progresser. Malheureusement,
madame Chamberland n’est plus là pour constater
l’ampleur et l’importance de l’entreprise
familiale dans le marché, ni son apport économique à la
région. Elle est sûrement très fière
de ce qui a été accompli jusqu’à maintenant
et doit espérer que cela se poursuive.
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